ENTREVISTA - ERIC VIGIER

Hasta el 10 de septiembre, pueden difrutar de la exposition “Eric Vigier, el plegador loco” en EMOZ, en colaboración con el Institut Français

 

 

 

Bonjour à tous et bienvenue à ce nouveau numéro de notre web radio ! Aujourd’hui nous recevons Eric Vigier, créateur de plis comme il aime à se faire appeler, ainsi que Luis Fernando Jiménez, Président de l’association EMOZ.

Bonjour à tous les deux, bonjour Eric, vous pratiquez donc la papiroflexie. Pouvez-vous rapidement expliquer à nos auditeurs en quoi cela consiste et surtout comment vous êtes arrivé à pratiquer cette discipline?

Alors, le pliage de papier, c’est simple. C’est simplement l’art de plier du papier, il n’y a pas de secrets.

Alors comment je suis arrivé à plier du papier, ça c’est une longue histoire par contre. Il y a eu un élément déclencheur il y a 20 ans. À cette époque j’étais au lycée, en internat et on regardait un film, un film de John Woo où ça tire dans tous les sens, c’est assez violent, donc rien à voir avec l’art normalement, mais dans ce film de John Woo qui s’appelle “À toute épreuve”, le tueur, à chaque fois qu’il tuait quelqu’un, il réalisait la fameuse grue traditionnelle japonaise. Et on voit toute la magie de l’origami à ce moment-là dans le film où à partir d’une feuille deux dimensions, on obtient quelque chose de vivant. Et ça, ça m’a tapé dans l’œil et je me suis dit : il faut que je fasse ça !

Ce soir-là, j’ai essayé de reproduire cette grue par rapport aux bases mathématiques simples que j’avais à partir d’un carré, diagonale, médiane, ça m’a pris un mois, un mois pour réussir à la refaire et je suis quelqu’un de jusqu’au-boutiste, c’est à dire que si j’ai pu faire cette grue, alors je pouvais faire autre chose. J’ai toujours aimé les animaux et donc je me suis dit : on va essayer. J’ai tâtonné à partir de pas grand-chose pendant trois années à partir de cette base et d’autres bases que je trouvais dans des livres que je trouvais qui à l’époque étaient assez simplistes, et puis après, ça a été comme ça en fait, depuis 20 ans je n’ai jamais arrêté, depuis cet élément déclencheur. Mais j’ai forcément évolué grâce à des rencontres, essentiellement d’autres plieurs, grâce aussi à la découverte d’autres livres un peu plus évolués que ceux qu’on peut trouver habituellement dans le commerce, ça, voilà, c’est l’histoire de base je dirais, c’est l’élément déclencheur et tout ce qui en découle derrière.

Mais au-delà de ça en fin de compte, c’est un peu plus compliqué que ça. Disons que j’ai toujours eu une âme d’artiste. À la base j’ai des études qui sont plutôt techniques, je suis chimiste, donc rien à voir, en fait on pourrait dire que tout est lié quelque part quand même mais j’ai toujours eu une âme d’artiste, j’ai toujours eu envie de donner vie à des choses autour de moi mais j'ai mis du temps à trouver mon médium qui est le papier. J'ai touché un peu au bois mais j'ai rien fait d'extraordinaire, un petit peu à la terre mais j'ai rien fait, en peinture n'en parlons pas, je suis carrément nul. En fait je fais de la dyschromatopsie, j'ai un problème avec les couleurs, je ne les discerne pas, je les confonds, donc c'est peut-être pour ça aussi qu'en peinture je suis pas génial, mais bon de toute façon, ça ne m'intéressait pas plus que ça. J'ai dessiné, j'étais content de mes dessins mais on trouve bien mieux ailleurs, bon, j'ai pas fait des choses extraordinaires et puis d'un seul coup il y a eu cet élément déclencheur, mais quelque part il y avait mon âme d'artiste qui cherchait quelque chose pour que je puisse donner vie, donner de l'émotion et des sentiments à travers un medium.

Et puis là aussi, ça combinait plusieurs choses à la fois, j'avais une âme d'artiste mais j'ai toujours aimé tout ce qui est casse-tête aussi, et là, on est en plein dedans aussi. Et puis ce qu'on plie souvent en origami, c'est souvent les animaux. En premier lieu je crois qu'on est tous passé par là et j'ai toujours aimé la nature, donc là, j'avais quelque chose qui combinait tout ce que j'aimais en une chose, donc je pense que ça m'était destiné quelque part.

Oui, merci à ce film donc qui vous a réveillé, voilà, c'est formidable, j'ai lu que donc, et bon, c'est évident mais ça m'a semblé assez incroyable, tous vos pliages sont faits à partir d'une seule feuille de papier, c'est quand même incroyable.

Alors, c'est bien de le préciser, effectivement, mais ça, je dirais que c'est plus pour un plieur une sorte de défi personnel, parce que je le redis, j'ai une âme d'artiste. En tant qu'artiste, je ne ferme pas la porte à l'origami composé, l'origami composé peut-être très beau, on peut aujourd'hui faire une fleur en une seule feuille avec la tige, la feuille, la fleur et c'est génial, mais pour autant, la fleur avec plusieurs feuilles peut aussi être très belle et tout autant artistique. Effectivement, je vais dans la direction de la majorité des origamistes d'aujourd'hui, vers la complexité, donc vers le défi personnel, une seule feuille, aucun découpage, aucun collage, mais je ne me ferme pas pour autant à l'origami composé qui peut également donner de belles choses d'une part, d'autre part aussi, la communauté origami va essentiellement aujourd'hui sur une seule feuille et principalement même carrée, là pour le coup je trouve ça dommage. L'origami, le mot origami vient du japonais Horu et Kami qui signifie  « pliage papier ».  Il n’y a rien là-dedans qui donc nous met des frontières à la forme de la feuille, alors pourquoi pas le rectangle après tout ? Mais bon, effectivement, il y a un côté défi personnel, on peut le faire en une seule feuille donc oui essentiellement, on part dans cette direction pour le défi personnel je dirais.

D'accord. Pouvez-vous nous présenter votre exposition “Eric Vigier: el plegador loco” en espagnol qui sera visible au Centro de historias à partir du 17 juin et jusqu'au 10 septembre ?

Alors, j'ai essayé d'être… comment dire…de présenter un maximum de choses qui me représentaient. Je suis quelqu'un, je pense, j'espère, qui est assez complet et je voulais que cette exposition soit un petit peu à mon image et à l'image du travail que j'ai donné non seulement depuis ces 20 années, mais essentiellement depuis les 4 dernières années où je suis passé artiste professionnel origami.

Depuis 4 ans, effectivement depuis ces 4 années, mon travail a pris un grand virage. J'ai cessé totalement de plier des modèles des autres, pour être vraiment, pour que mon travail soit vraiment la représentation de ma personne uniquement et effectivement on rentre... ce que j'ai emmené au musée, ce travail, il y a une part quand même de mon travail qui est fait depuis 20 ans mais où on voit quand même l'évolution et... évolution pas seulement d'un point de vue technique ou artistique mais aussi évolution de ma personnalité aussi, on voit d'ailleurs, la manière dont je l'ai disposée d'ailleurs, ça se voit très bien, un départ avec un animal, simple, des animaux et d'un seul coup des personnages, l'évolution dans le style, dans la technique, je suis quelqu'un qui... Quand je disais tout à l'heure que j'étais jusqu’au-boutiste, l'origami, c'est vaste, comme tous les arts, on pourrait parler de la culture, la sculpture, il y a plein de directions. L'origami il y en a tout autant, à l'intérieur de l'origami on a le box splitting, la corrugation, la tessellation, l'origami composé, l'origami modulaire…

Quand j'ai touché à l'origami, quand j'ai évolué, il fallait que je touche à tout, parce que, c'est tout ça l'origami, et, j'aime aujourd'hui aussi inclure tout ça dans mon travail, c'est important, dans une pièce je peux, ça c'est quelque chose que j'aime bien, mettre plusieurs styles, combiner les styles, c'est là ce que je disais tout à l'heure, c'est vraiment à l'image de ma personne, je pense. J'essaye d'être, je suppose que je suis quelqu'un d'assez  complet et ça se ressent dans ce travail, cette manière de... pas être seulement fermé sur une chose mais vraiment aussi montrer que par le travail, on peut avoir plusieurs choses, et c'est vraiment à mon image et, voilà, c'est une grande diversité je pense que c'est le mot à retenir.

D'accord, et quelle est la place de l'origami en France?

Oh, c'est une grande question, ce n’est pas évident de répondre là, pas évident de répondre... L'origami, et pas seulement en France je dirais, est en train d'évoluer, a évolué. Nous au sein de la communauté origami déjà je dirais depuis ces 37 dernières années et dans le monde en général évolue également, se fait de plus en plus connaître grâce à la publicité, au monde dans lequel elle est utilisée, à la télévision de plus en plus, ça en France on a eu, c'est dernières années des publicités assez importantes, on a eu à une époque une marque de téléphonie mobile qui a utilisé le mot origami etc... Donc ça évolue, c'est de plus en plus reconnu et c'est une bonne chose pour l'origami pour être reconnu en tant qu'art et ça c'est vraiment quelque chose à laquelle moi je tiens, je veux vraiment que l'origami ait sa... soit reconnu comme un art à part entière au même titre que la peinture et la sculpture et non... ça a toujours cet aspect ludique bien évidement, on ne peut pas passer à côté, mais, la peinture a aussi un aspect ludique, on peut faire de la peinture avec les enfants et pour autant, c'est reconnu, il y a de l'art, de la peinture au Louvre mais pour l'instant il n’y a pas d'origami au Louvre… C'est dommage, mais c'est en train d'évoluer et donc là bon, pas seulement en France je dirais, dans le monde en général, il y a de plus en plus d'artistes origami professionnels aussi. On a aujourd'hui de la chance, on a un musée à Saragosse, ça évolue et dans le bon sens, et en France, ça suit cette tendance, mais c'est… bon... c'est comme tout art, c'est variable donc petit à petit ça fait son chemin en tout cas.

D'accord, je vous remercie. Donc vous êtes accompagné par Luis Fernando Jiménez, président de l'association EMOZ.

Buenas tardes Luis, como decía, es usted el presidente de la asociación EMOZ, ¿nos puede presentar el museo del origami de Zaragoza por favor?

Bueno, el museo del origami de Zaragoza es museo-escuela y es el, bueno es el primero que se ha instaurado en España, Europa y de nuestras características quizá del mundo. Porque hay otros museos pero no son como el nuestro.

Vale, vale, y bueno, ¿cuando habéis abierto?

Si, inauguramos hace 3 años, llevamos más de 15 exposiciones y bueno, nuestro objetivo es traer a artistas importantes como Eric, que hagan exposiciones temporales y difundir todo lo que podamos el origami.

Por supuesto, ¿qué visión tiene del trabajo de Eric?

Bueno estamos muy contentos de tenerlo para nosotros. Él se ha definido muy bien, no nos importa tanto la locura de su trabajo como la mezcla de estilos y el aprovechamiento de todas las posibles... tendencias que se unen en el origami para crear nuevas visiones.

Vale, pues muchísimas gracias Luis, muchas gracias Eric por vuestro tiempo.

Je vous rappelle que donc, l'exposition “Eric Vigier, el plegador loco” sera visible au Centro de Historias à partir du 17 juin jusqu'au 10 septembre, allez-y, je vous le recommande. Merci beaucoup, au revoir !

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